Au coeur des sens de votre plume !
Difficile de donner un aperçu d’un atelier type car chaque atelier est différent puisqu’il dépend du lieu dans lequel il se déroule, de la thématique mais surtout de vous, c’est à dire du groupe que nous constituerons autour de cette proposition d’atelier. Je m’inclue bien évidemment dans le groupe car bien qu’animatrice, je ne suis pas extérieure. Parfois, même il m’arrivera d’écrire avec vous ! Je vais tout de même essayer de vous livrer quelques moments clés afin que vous puissiez vous projeter dans mon atelier d’initiation.
1 - Avant l’atelier
Je viens toujours trois quarts d’heure, une heure avant le début de l’atelier pour préparer la salle. J’aère, je fais bruler un peu de sauge ou je diffuse un tout petit peu d’huiles essentielles. Je mets en place les tables, les chaises, les banquettes ou les coussins puis dispose le thé, le café, des petites douceurs et surtout les feuilles et les crayons. Une fois la salle prête et bien aérée, je referme la fenêtre si la température s’y prête puis je relis plusieurs fois la conduite de mon atelier.
2 - Rituel d’accueil des participant·es
Je vous suggèrerai d’arriver un quart d’heure avant le début de l’atelier afin que nous puissions échanger si vous en ressentez le besoin et vous inviterai à prendre place là où vous vous sentirez le·a plus à l’aise, le·a plus confortable. Je vous proposerai ensuite un thé, un café, un gâteau et vous choisirez le crayon avec lequel vous souhaitez écrire, ceux mis à disposition ou les vôtres.
3 -La relaxation pour prendre de la distance avec les sollicitations quotidiennes
Une fois que tous les participant·es sont arrivé·es, je vous inviterai à mettre votre téléphone en mode avion puis nous prendrons place pour un temps de relaxation afin de s’extirper de notre quotidien et prendre un peu de distance avec les sollicitations extérieures. Je commence toujours par le corps car c’est par là que nous nous rendons disponibles à l’écriture. En cela, la pratique de l’écriture est très proche du jeu d’acteur·ice.
4 - Lecture collective de la Charte
Soucieuse que la bienveillance et l’écoute soient au cœur de cet atelier, j’ai écrit une charte que je vous suggèrerai de lire collectivement. Cette lecture peut-être suivi d’un temps d’échange si besoin.
5 - Apprivoiser la peur de la page blanche
Parce-que la majorité des personnes qui poussent les portes de l’atelier me disent que l’écriture n’est pas faite pour elles ou qu’elles ne savent pas écrire, je sais que je dois composer avec ces craintes et je commence toujours par une proposition d’écriture ludique et spontanée. Comme par exemple, si vous aviez à vous définir par une couleur, une texture, une odeur, un son, un goût. C’est une façon de se présenter aux autres sans devoir parler de sa vie, de son travail ou de son rapport à l’écriture. Je poursuis ensuite en m’appuyant sur des déclencheurs sensoriels (une musique, une texture, une odeur, une image etc.).
Celui que les participant·es préfèrent, c’est bien souvent l’odorat alors que c’est celui qui les déroute le plus, soit parce-que ça les renvoie tout de suite à des images qu’ils et elles pensent avoir du mal à canaliser, soit parce qu’ils et elles n’arrivent pas à nommer l’odeur. Dans le premier cas, je leur suggère l’écriture automatique, c’est à dire d’écrire tout ce qui leur passe par la tête, uniquement pour elle ou eux-même, en essayant de faire fi de la crainte de faire des fautes d’orthographe ou de leur désir d’écrire quelque chose « d’intéressant ». Ce n’est d’ailleurs pas l’enjeu de l’atelier et c’est aussi pour ça que nous ne partageons pas tout de suite les textes afin que les participant·es ne se sentent pas dans l’obligation de « produire un texte intéressant ». L’enjeu n’est pas non plus de reconnaître la fragrance mais il n’en demeure pas moins que chercher à la deviner les amènent à écrire. C’est ainsi que votre plume commencera progressivement à se délier.
6 - Le partage volontaire des textes
J’attends souvent la troisième invitation à écrire avant de proposer aux participant·es de lire leurs textes et d’écouter ceux des autres, pour la raison que j’évoquais ci-dessus. Un partage trop rapide des textes génère souvent chez les participant·es le désir de « vouloir faire bien », « d’écrire des choses intéressantes » pour les autres. C’est à dire de manière sous-jacente de renvoyer aux autres une image d’eux-mêmes qui les satisfassent. Ce n’est pas l’enjeu de l’atelier, bien au contraire. Écrire, déployer son imagination, trouver sa voie/x, son rythme, son style, c’est aussi accepter de déplaire.
En outre, on peut penser que la plus grande difficulté dans le partage, c’est de lire son texte, or, j’observe que cette crainte empêche parfois d’être à l’écoute de ceux des autres. L’écoute active des textes des autres est l’une des choses les plus difficiles à acquérir en atelier. C’est pourtant celle-ci qui permet de nommer puis d’analyser les rythmes, les styles, la dramaturgie du récit (la façon dont l’intrigue opère par exemple). Elle nécessite de s’exercer à la suspension du jugement et à la disponibilité. C’est pour cette raison que je suggère parfois aux participant·es de faire lire leur texte par quelqu’un·e d’autre afin qu’ils opèrent une distance avec leurs textes et s’habituent au fait que celui-ci peut être lu par d’autres voix, d’autres yeux.
7 - Les retours
Après l’écoute et la lecture des textes, une étape est cruciale : les retours. C’est aussi un moment sensible que j’encadre et que j’aborde dans la charte au départ. Ils sont de trois ordres :
- Les retours sur le procédé d’écriture : comment les participant·es ont vécu l’invitation à écrire. Ils m’aident à rester à l’écoute des participant·es et à adapter le dispositif instantanément.
- Les retours sur les textes lus : quels effets l’écoute des textes lus par les participant·es produisent en elles et eux ? Par exemple, s’ils et elles trouvent que le texte d’un·e participant·e est drôle, je leur demande comment cela se traduit dans l’écriture. Ces retours sont primordiaux car ils permettent aux participant·es de conscientiser ce que leur texte produit chez l’autre, et inversement, ce que les textes des autres produisent en elles et en eux. L’enjeu sera ainsi d’affiner cette conscience pour jouer avec la matière littéraire ainsi que les yeux et les oreilles des autres participant·es. De cette façon, l’écriture ne devient pas uniquement un acte pour soi.
- Les retours sur l’atelier dans son ensemble. Soucieuse de toujours m’améliorer, je prends systématiquement un temps avec les participant·es pour avoir un retour sur l’entièreté de l’atelier.
En résumé : cet atelier a pour objectif de faire découvrir les potentialités de l’écriture pratiquée individuellement et collectivement durant une séance. Il est encadré par une charte que nous lirons ensemble et discuterons si besoin afin d’installer une dynamique de groupe bienveillante et d’instaurer un environnement sécure et convivial pour les participant·es.
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